LA RANDONNÉE
Le Magazine de Suisse Rando
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N° 2243
Zollhaus
— Plaffeien, Dorf
• FR
Aventure au bord de la Singine sauvage
La Singine «chaude» prend sa source dans le Lac Noir fribourgeois et la Singine «froide» dans le lac du Gantrisch, dans le canton de Berne. Les deux rivières se rejoignent à Zollhaus pour former la Singine. De là, cette randonnée suit son cours en direction de l’aval jusqu’à Planfayon.
L’impétueuse Singine est l’une des rivières les plus sauvages au nord des Alpes. En cas d’orage, ses eaux peuvent grossir de manière impressionnante. Elle transporte alors des branches et des arbres entiers, du gravier et des pierres, voire des rochers, qui s’accumulent en aval. Autrefois, elle était ainsi une ressource importante pour les habitants de la région, qui y trouvaient du combustible et des matériaux de construction, mais aussi de la nourriture: des poissons et des grenouilles. Aujourd’hui, la Singine est protégée. Elle est laissée à sa dynamique naturelle.
Cette randonnée longe la rive de la Singine, le plus souvent en forêt. A partir de Rufenen, la Singine s’élargit généreusement et développe de nombreux bras, offrant plusieurs accès à son lit. Les personnes qui s’y arrêtent doivent être attentives à l’arrivée d’orages.
Plus en aval, la Singine a profondément creusé le grès et coule soudain vingt mètres plus bas. Plus loin, en contrebas de Planfayon, elle disparaît même dans les gorges inaccessibles de la Singine, entre des falaises de molasse pouvant atteindre 100 mètres de haut.
Sur ce tronçon de chemin le long de la Singine, il y a aussi par endroits des graviers laissés par les glaciers et la rivière. C'est un terrain instable. La région s'appelle Brüch: nomen est omen. De temps en temps, un détour s'impose. Au lieu d'aller tout droit le long de la rivière jusqu'au Füllmattli et de continuer jusqu'au camping, on prend alors le chemin via Fuhra. Cette randonnée suit ensuite le Dütschbach en amont. De retour en forêt, elle arrive à une cascade après quelques centaines de mètres. Un panneau explique comment celle-ci a été formée par l’érosion régressive. Le dernier kilomètre mène au village de Planfayon à travers prairies et pâturages, avec le clocher pour guide.
N° 2246
Dardagny, château
— Satigny
• GE
Nature sauvage, nature cultivée
La campagne genevoise surprend par sa diversité. Des vignes aux champs, en passant par des vallons ombragés, c’est le menu que les randonneuses et randonneurs peuvent savourer lorsqu’ils la parcourent, à l’image de l’itinéraire reliant Dardagny à Satigny. Celui-ci débute juste après le magnifique château, siège de la mairie de Dardagny, par un épisode – en dur – dans le plus occidental des vignobles genevois. Au fil de la marche, le regard ondule entre les collines couvertes de ceps, le Salève et la chaîne du Jura.
Après quelques pas sur la route d’Essertines, à la hauteur de l’arrêt de bus, c’est un sentier, glissant s’il a plu, qui plonge dans un ravin enchanteur creusé par Le Roulave, un ruisseau tout en fraîcheur qui serpente au milieu d’une abondante végétation. Son extrémité débouche sur l’Allondon et son vallon, une zone alluviale d’importance nationale et une réserve naturelle.
On évolue entre les bosquets, caresse les bords de l’Allondon qui invitent à faire une pause. Des panneaux informent sur la faune et la flore locales et sur les moyens de l’observer sans la déranger. Construite vers 1300, la petite chapelle de Malval – visible seulement de l’extérieur – suscite aussi la curiosité, tout comme le centre nature, situé un peu plus loin et dédié à la sensibilisation à cet environnement qui fait la renommée du vallon de l’Allondon.
Après avoir passé le camping cantonal, l’itinéraire chemine dans les Grands Bois, toujours le long de l’Allondon, parfois tout près, parfois un peu plus haut, jusqu’au Moulin Fabry. De là, ce sont les champs qui prennent le relais avant que l’itinéraire conduise, par une route asphaltée, jusqu’à Choully, un hameau qui surplombe les riches vignobles de Satigny. La randonnée se termine au quartier commerçant de la gare et ses bâtiments contemporains.
N° 2245
Unterägeri, Zentrum
• ZG
Sur les hauts du lac d’Ägeri
La randonnée démarre au village d’Unterägeri, à l’extrémité ouest du lac d’Ägeri. La localité comptait autrefois jusqu’à douze homes d’enfants, accueillant environ 600 hôtes venus en cure de quelques semaines, voire de quelques mois. Le versant sud, en particulier, offrait des conditions idéales pour les cures de repos et d’air frais des tuberculeux et des enfants souffrant d’anémie, de maladies pulmonaires et cardiaques ou encore d’affections pleurales.
Ce circuit mène vers le versant nord. Le chemin de randonnée emprunte d’abord un tronçon en dur jusqu’à Bergmatt. Le chemin forestier bien entretenu longe maintenant la rive jusqu’à Naas. Il est également possible de démarrer la randonnée ici en prenant le bateau qui relie Unterägeri à Naas mais il circule uniquement en saison. C’est là que commence la montée: le chemin passe devant le camping et suit brièvement le ruisseau Nasbach. A la première bifurcation, on emprunte le chemin balisé en rouge et blanc. Une première vue phénoménale sur le tapis bleu du lac d’Ägeri s’offre au niveau du Rapperenflue. Le bas-marais de Sod arrive peu après. Au prochain indicateur, il faut continuer en direction de Brandhöchi. Un nouveau bas-marais apparaît dès l’arrivée au point de Rossallmig: un paysage varié avec des groupes de bosquets, des prairies de populages des marais et des lisières de forêts. L’alpage est traditionnellement pâturé en été, ce qui profite au gomphocère tacheté, une espèce en voie de disparition.
L’auberge de montagne Brandalp invite à s’arrêter pour déguster un délicieux pain d’épices. Le point culminant de la randonnée, le Brandhöchi, est alors atteint. S’ensuit une descente relativement raide. Une vue grandiose se déploie peu après la sortie de la forêt. Le chemin descend dans la vallée d’Ägeri le long de prairies fleuries et de fermes tranquilles. Le dernier tronçon repasse sur un revêtement dur. Le Chemin panorama alpin no 3 permet de revenir au village.
N° 2244
Kaiseraugst
— Birsfelden, Hard
• BL
Au fil de l’eau jusqu’à la forêt bâloise Hardwald
La forêt offre un espace de détente, prodigue de l’ombre, purifie l’air et abrite de nombreuses espèces. Remplir ces fonctions devient néanmoins de plus en plus difficile avec la sécheresse et les températures croissantes. La forêt est stressée. Le Hardwald, situé entre Muttenz et Birsfelden, souffre lui aussi d’importants dommages dus à la sécheresse depuis 2018. Cet îlot vert entouré d’industries, du Rhin et de semi-autoroutes, est la destination d’une randonnée proche de la ville. Dans le Hardwald, il est possible d’observer les mesures prises pour permettre aux générations futures de continuer à profiter de la forêt. Sur une parcelle expérimentale, le triage forestier a planté des espèces d’arbres «porteuses d’avenir». Sur la base de cette plantation test, l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) étudie comment les arbres s’adaptent au changement climatique sur une période de 30 à 50 ans.
Les personnes souhaitant observer par elles-mêmes la progression des jeunes plants et combiner la visite de la forêt à une randonnée le long de l’eau démarreront à Kaiseraugst, en direction de Bâle. Dès le début, à quelques minutes de la gare, les murs du fort romain de Kaiseraugst se dressent au cœur du quartier. Il compte parmi les monuments les plus importants encore visibles de l’ancienne colonie romaine Augusta Raurica. Depuis l’embarcadère de Kaiseraugst, le chemin longe l’eau sur une étroite ceinture verte en direction de Bâle. Il passe devant des pontons, des promenades fleuries et la centrale hydroélectrique d’Augst, puis longe des maisons de pêcheurs et de vacances à travers des tronçons boisés. A Schweizerhalle, la nature cède la place aux grues et aux sites industriels. Après un court passage sur la route principale, l’itinéraire bifurque dans le Hardwald, où les jeunes plants poussent lentement, mais sûrement, pour former un jour une forêt de nouvelle génération.
Hohtenn
• VS
En quête de guêpes
La Suisse compte quelque 8800 espèces de guêpes, dont la grande majorité ne ressemble pas du tout à la guêpe germanique bien connue, rayée de jaune et de noir. Certaines ne font que quelques millimètres, font penser à une drosophile et bien souvent, ne sont pas jaunes. Il s’agit donc du groupe d’insectes le plus diversifié du pays. Cette randonnée en boucle permet d’observer aisément de nombreux spécimens, ainsi que des papillons et des orthoptères. Sur la rampe sud du Lötschberg, au climat sec, le soleil brille souvent et intensément, ce qui plaît aux guêpes. Les humains, eux, se protégeront du soleil ou partiront de bon matin, car le chemin est souvent exposé. Se lever tôt permet de mieux observer les insectes, plus calmes le matin.
La randonnée commence en dessous de la gare, passe sous les voies ferrées un peu à l’ouest et monte tout de suite. A la première croix, au point 1149, des dalles rocheuses pas trop raides, un muret et des petites zones herbeuses permettent d’observer sans danger, en se concentrant avec calme et patience sur les endroits sableux et rocheux. En juin et en juillet, on peut voir des guêpes fouisseuses s’accoupler. Après quelques semaines, elles creusent des trous dans le sable et y cachent leurs proies, par exemple des araignées ou des mouches vivantes, sur lesquelles elles pondent leurs œufs. Les larves se nourrissent ensuite de leur hôte avant que celui-ci ne meure.
Après l’observation, la montée est raide, mais on peut l’interrompre à Ladu le temps d’un pique-nique. La pente reste marquée, mais passe souvent par la forêt ombragée jusqu’au point culminant de la Spilbielalpji. A plusieurs endroits, on peut voir un vaste panorama sur la vallée du Rhône et les Alpes valaisannes. La descente passe par Tatz qui, comme Ladu, est un joli petit hameau avec une chapelle et une fontaine. Enfin, le chemin franchit le Lüegilchi-Graben où il faut être attentif aux endroits escarpés. Bientôt apparaît la voie ferrée, la gare est proche.
N° 2241
Abländschen, Jaungrund
• BE
Les hôtes délicats des Gastlosen
Ce n’est pas un hasard si les Gastlosen sont parfois surnommées «les Dolomites du pays de Saanen». Les parois rocheuses quasi verticales de cette chaîne montagneuse s’élancent vers le ciel telles des dents surdimensionnées, allant jusqu’à 300 mètres de haut, à la frontière des cantons de Berne, de Fribourg et de Vaud. C’est un paysage enchanteur, dont les magnifiques alpages et les prairies de montagne résonnent d’un bourdonnement incessant par beau temps estival.
Le circuit commence et se termine à l’arrêt de car postal «Abländschen, Jaungrund». Le chemin monte en continu à travers des pâturages jusqu’à la première étape, l’Obere Ruedersberg. Un parking avec une cabine de WC, volontiers utilisée par les grimpeuses et grimpeurs, se trouve juste après l’alpage. Puis le chemin longe brièvement un ruisseau de montagne, sur les rives duquel poussent la renouée bistorte et d’autres plantes aimant l’humidité. Le mieux est de choisir une journée ensoleillée et pas trop venteuse entre fin mai et fin août. Dans de telles conditions, des dizaines de papillons aux ailes délicates virevoltent d’une fleur à l’autre tout au long du chemin.
Ce dernier devient ensuite plus caillouteux et une courte montée abrupte mène au pied de la Wandflue. Les personnes chanceuses pourront apercevoir ici un Apollon, facilement reconnaissable à ses ocelles rouges sur des ailes blanches. L’ascension se poursuit le long de la paroi, en passant par un alpage raide et un petit tronçon forestier. Le panorama, sur la vallée des Fenils en direction du sud et sur la vallée du Simmental en direction de l’est, est impressionnant.
L’ascension est alors terminée et le chemin évolue à plat, parfois sur des débris calcaires, jusqu’au col Wolfs Ort. Celui-ci marque le passage au côté fribourgeois des Gastlosen. Cette randonnée reste du côté bernois et descend en zigzag en direction d’Oberi Bire, jusqu’à la colline Venners Chöpfli, puis revient vers Obere Ruedersberg par une route bitumée sur environ un kilomètre. Le trajet jusqu’au car postal est ici le même qu’au début de la randonnée.
N° 2240
Herbetswil, Wolfsschlucht
— Welschenrohr, Zentrum
• SO
À la découverte des coléoptères au-dessus de Welschenrohr
Sur les quelque 40'000 sortes d’insectes connues en Suisse, environ 6500 sont des coléoptères. Ces derniers sont très importants pour l’écosystème. En effet, la majorité d’entre eux sont des décomposeurs, c’est-à-dire qu’ils valorisent des déchets organiques – par exemple du bois mort – en les réinjectant sous forme d’humus dans le cycle naturel. Les autorités soleuroises mènent un projet de recherche sur ces insectes dans une forêt naturelle située au-dessus des gorges du Wolfsschlucht, dont près de 6 hectares ont été ravagés par un incendie en automne 2023. En ouvrant bien les yeux durant cette randonnée, on peut apercevoir non seulement des coléoptères en bordure du chemin, mais peut-être aussi les pièges placés par les scientifiques.
L’itinéraire débute à l’arrêt «Herbetswil, Wolfsschlucht». Pas besoin de patienter pour savourer le plat de résistance de la randonnée: les luxuriantes gorges sont juste là, à la sortie du bus. Revers de la médaille, le chemin se met immédiatement à grimper. Parvenu au sommet des gorges, on bifurque à droite, où l’on continue légèrement à monter dans la forêt. A hauteur de Tufftbrunnen, il faut à nouveau prendre à droite en direction de Vorder Brandberg; le pan de forêt calciné et la zone de recherche se trouvent juste en dessous du point 975. On s’engage ensuite sur l’agréable crête menant à Vorder Brandberg avant de rejoindre, à travers prairies et forêts, Obere Tannmatt. Le point sommital de l’excursion, surmonté d’une croix, n’est plus très loin. Après avoir admiré la coquette chapelle nichée juste à la sortie de Mieschegg, marcheuses et marcheurs attaquent la descente, partiellement sous le couvert des arbres, partiellement à découvert, vers Hinter Brandberg. Cette buvette de montagne est l’endroit idéal pour faire une dernière pause avant de rejoindre, d’abord dans la forêt puis à travers champs, le village de Welschenrohr, d’où repart le bus.
N° 2239
Gampel, Dorf
— Jeizinen
• VS
Les criquets et sauterelles de Jeizinen
La montée entre Gampel et Jeinizen est le lieu idéal pour admirer les orthoptères, la famille des criquets, sauterelles et grillons. En été, sur les premières centaines de mètres déjà, ces petites bestioles sont nombreuses et bondissent dès que l’on pose un pied. En les observant de près, on peut voir qu’en sautant, certains orthoptères ouvrent leurs ailes rouges ou bleues.
Il s’agit d’œdipodes turquoise ou rouges, de caloptènes italiens ou d’œdipodes aigues-marines, qui apprécient le versant sec, ensoleillé et plutôt aride de la vallée du Rhône. Leurs teintes gris-clair, gris, brun clair ou sable leur permettent de bien se camoufler. Mais si on les débusque, ils dévoilent lors de leur fuite des ailes de couleur qui déroutent leurs assaillants.
Leur observation nécessite du temps et de la patience; cet itinéraire se parcourt par conséquent en plusieurs heures. Une protection solaire s’impose, car les insectes aiment un ciel sans nuages. Pour les voir plus aisément, mieux vaut partir tôt le matin, car ils sont encore assez inertes.
De l’arrêt de bus «Gampel, Dorf», on suit le Rosenkranzweg, ou sentier du rosaire, et ses croix. Assez vite, le chemin commence à monter et s’élève en de nombreux virages. D’abord dans un paysage rocheux, puis un peu plus à l’ombre dans la forêt.
A Jeizibärg, on peut faire une halte près d’un petit banc et d’une fontaine avant de traverser des prairies sèches extensives à Oberi Zälg. Ici aussi, les orthoptères et d’autres insectes sont légion. On rejoint enfin Jeizinen, où l’on peut se désaltérer avant d’emprunter un petit téléphérique qui redescend à Gampel.