LA RANDONNÉE
Le Magazine de Suisse Rando
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N° 2152
Le Day
— Orbe
• VD
La mousse, reine des gorges de l’Orbe
En se promenant dans les gorges de l’Orbe par une belle journée de printemps, on voit qu’ici, le vert est roi. D’énormes blocs de roche moussus reposent dans la rivière et on dénombre quelque 80 espèces de mousse. Des fougères bordent le chemin, les feuilles des hêtres brillent, les violettes des bois et les gesses printanières colorent le lieu. Il est étonnant qu’une flore aussi variée s’épanouisse dans ce lieu humide et ombragé.
Il est conseillé de faire d’abord un petit détour depuis la gare du Day jusqu’au barrage. Ensuite, le sentier longe la rivière et ses pierres moussues jusqu’au Saut du Day, où l’eau se jette dans un bassin par une dizaine de hauts paliers. Jusqu’en 1972, il y avait là une centrale dont l’électricité servait à fabriquer du chlorate de potassium pour les explosifs et les têtes d’allumettes dans une usine. Un vieux tunnel sombre passe toujours sous la cascade.
On longe l’Orbe et on change de rive, toujours en montant, avec la rivière en contrebas. Ce n’est qu’avant Les Clées que le chemin redescend. Avant le premier pont, un panneau en bois indique la direction des marmites glaciaires. Il y a des millénaires, lorsque l’Orbe était gelée, l’eau s’incrusta profondément dans la pierre blanche. Des pierres tournoyant dans le tourbillon d’eau creusèrent des trous ronds. Depuis, de la mousse a poussé sur les rochers ... un lieu magique.
Sur le versant nord, le chemin maintenant ensoleillé surplombe l’Orbe, la plupart du temps sans vue sur la rivière, puis descend jusqu’à un pont. Ici, on peut explorer les gorges sur quelques mètres par soi-même si l’on a de bonnes chaussures de marche et que l’on fait preuve de prudence. On passe une dernière fois sur le côté sud de l’Orbe pour grimper sur un chemin de randonnée de montagne. Personnes souffrant de vertige s’abstenir! Ici ou là, on aperçoit la rivière avant d’arriver à Orbe.
N° 2153
Biaufond, La Rasse
— La Chaux-de-Fonds, Charrière
• NE
A la recherche de l’eau de Biaufond
Dans la vallée, le Doubs convoie de grandes quantités d’eau. Large et puissant, il s’écoule à son rythme. La randonnée qui remonte les combes de Biaufond et du Valanvron suit essentiellement le cours d’un lit à sec. Toute l’eau du ruisseau La Ronde s’infi ltre dans le sol calcaire et rejoint le Doubs sous terre. La randonnée, qui démarre à La Rasse, a pour destination La Chaux-de-Fonds. La première demiheure de randonnée se fait sur la rive française du Doubs. Un ravissant chemin suit la rivière et la signalisation française jusqu’au lac de Biaufond. Iris des marais, cygnes, insectes, lentilles d’eau, algues: le lac de retenue off re un habitat adapté à une foule d’animaux et de végétaux. Le chemin tourne alors à droite en direction de Cul des Prés. Quelque 100 mètres déjà après le lac, l’eau a disparu du ruisseau. Pourtant, sur la carte, la ligne bleue signalant le cours d’eau est bien plus longue, avant d’être remplacée par une ligne pointillée. Le chemin grimpe maintenant en douceur, l’environnement se fait plus rocheux, la gorge se rétrécit. La partie supérieure de la gorge de Biaufond off re un soupçon d’aventure: certains passages sont équipés de ponts et d’échelles. Le lac de forêt Cul des Prés arrive peu après, idéal pour faire une halte avec son coin grillade et sa table. Le chemin de montagne devient alors un chemin à travers champs et les deux heures environ dans la combe du Valanvron passent en un éclair. Le grand moment arrive enfi n juste avant les bassins de la station d’épuration, moyennant une brève infi délité au chemin balisé: à un endroit parsemé de quelques algues, il est possible d’assister à la disparition de l’eau, qui s’infi ltre tout bonnement dans le sol. La dernière demi-heure de la randonnée sur le chemin balisé amène sur les hauteurs du plateau, jusqu’au cimetière. De là, le bus revient à la gare de La Chaux-de-Fonds.
N° 2154
Villeret
— Nods, école
• BE
Sur le Chasseral par la Combe Grède
A la gare de Villeret, un grand panneau jaune enjambe le chemin pour piétons, indiquant la direction: «Chasseral par les Gorges de la Combe-Grède». C’est pour cela que les touristes se rendent dans ce petit village jurassien du vallon de Saint-Imier. Cette randonnée permet de découvrir deux attractions majeures de la région. D’une part, la Combe Grède, qui compte parmi les gorges les plus spectaculaires de tout le Jura. Il s’agit de la plus ancienne réserve naturelle du canton de Berne, et son plus vieux district franc. Sa faune est notamment constituée d’aigles, de marmottes et de chamois, et sa flore est exceptionnellement variée. Et d’autre part, le Chasseral, dont la crête culminant à 1606 mètres, est visible depuis le Plateau grâce à une antenne géante et off re une vue dégagée jusqu’aux Alpes. Depuis la gare, l’itinéraire traverse le village, puis emprunte une route secondaire en direction de la chaîne du Jura la plus au sud. Bientôt, le sentier mène dans les bois et suit toujours le lit du ruisseau, souvent à sec. Il monte en empruntant de nombreux ponts, escaliers et échelles. Le chemin de randonnée de montagne blanc-rouge-blanc est fermé en hiver, avant d’être remis en état par des volontaires au printemps. Après un impressionnant cirque rocheux et une dernière montée se trouve l’aire de repos du Pré aux Auges, agrémentée d’une fontaine. Un détour par La Corne, qui offre une vue plongeante sur les gorges et le vallon de Saint-Imier, s’impose. La randonnée continue à travers de vastes pâturages en direction du sommet du Chasseral. Là, le paysage change brusquement. En contrebas, les lacs du pied du Jura scintillent au soleil et, au loin, se dressent les sommets enneigés des Alpes. Le weekend, l’agitation règne autour du restaurant et de son parking. La descente vers Nods se fait toutefois à l’écart de la route, sur un chemin de randonnée pédestre offrant tantôt une vue dégagée, tantôt de l’ombre.
N° 2155
Perrefitte, poste
• BE
La beauté jurassienne de Perrefitte
utrefois, Perrefitte abritait deux auberges, une boulangerie, deux magasins d’alimen- tation et une boucherie. Ce village du Jura bernois était également renommé pour sa compétition de ski sur les pentes du Moron et pour sa course de moto intrépide à travers la vallée. Aujourd’hui, Perrefitte est une banlieue paisible de Moutier et un point de départ idéal pour une randonnée familiale dans les gorges de Perrefitte, qui sont peu connues.
L’excursion démarre à l’arrêt de bus «Perrefitte, poste», devant le seul restaurant qui a survécu. Ce dernier est toutefois bien plus qu’un bistrot de village: il attire les gourmets d’ici et d’ailleurs. La randonnée suit d’abord la route, avant de tourner à gauche sur un chemin agricole et d’arriver aux berges de La Chalière. La petite rivière a creusé une entaille imposante dans la terre au fil des millénaires. Le chemin de randonnée pédestre laborieusement aménagé s’enfonce ensuite toujours plus profondément dans les gorges, par de nombreux escaliers et ponts. Au bout d’une bonne heure de marche, l’agréable chemin s’éloigne du cours d’eau pour emprunter la route sur quelques mètres, puis grimper en direction de Moron/sommet. Un grand arc de cercle permet de contourner la ferme du Plain Fahyn, installée dans une clairière idyllique, pour entamer le retour vers Perrefitte après une bonne montée sur 150 mètres de dénivelé et un virage en épingle.
Le chemin suit la pente abrupte sur une route forestière. La lumière fait son retour un peu plus tard et la randonnée se poursuit en descendant les belles prairies ensoleillées, avec Moutier au loin. Le pâturage du Moron est particulièrement pittoresque. Les prairies maigres, ponctuées d’érables noueux et de sapins vigoureux sculptés par les tempêtes, servent à nourrir les vaches et les chevaux franches-montagnes. Avant de revenir dans la vallée, il convient de s’arrêter ici un instant pour s’imprégner de toute la beauté du Jura.
N° 2156
Buch am Irchel, Oberbuch
— Berg am Irchel
• ZH
Hiboux et chouettes dans la campagne zurichoise
La discrète chaîne de collines séparant le Weinland zurichois de la vallée inférieure de la Töss se nomme Irchel. Très boisée, elle est entourée par la Thur, la Töss et le Rhin et compte des villages aux jolies maisons à colombages. Ici, chaque année, on relâche plus de 300 rapaces. Ces oiseaux, blessés ou affaiblis, ont été confiés à la station de rapaces de Berg am Irchel, qui les a soignés. Il s’agit souvent de milans royaux et de buses, mais aussi de chouettes hulottes, d’éperviers, de faucons crécerelles et d’imposants grands-ducs.
En balade sur l’Irchel, on ne voit rien de tout cela. Ou peut-être que si? En observant bien, on distingue des milans royaux et des buses sur la cime des arbres. Peut-être va-t-on apercevoir un faucon crécerelle, qui s’immobilise presque avant de fondre sur sa proie. Quant à la chouette hulotte, on ne l’entend qu’à la tombée de la nuit, lorsque son hululement lugubre résonne dans les bois.
Après le départ de Buch am Irchel, on rejoint assez vite la tour Irchel. De sa plateforme, perchée à 28 mètres, on admire la Forêt-Noire, les Alpes et le Plateau. La randonnée se poursuit sur des chemins assez larges, sur la longue crête de l’Irchel, vers la Hochwacht. En chemin, des aires de pique-nique invitent à une pause. Sur la Schartenflue, on peut faire un détour par la grotte de Frère Lienert puis rejoindre la Hochwacht. Là se trouve la plus petite cabane scoute de Suisse et un foyer pour grillades.
Berg am Irchel, le but de la randonnée, est proche. La station de rapaces voisine du Bungerthof ne se visite que lors de manifestations publiques, mais on verra peut-être Strixi et Sidra, le couple de chouettes de l’Oural, qui vit dans une volière à l’entrée de la station.
N° 2157
Wasserfallen
— Beinwil SO, Kloster
• SO
Les papillons du Wasserfallen
e Wasserfallen bâlois fait l’objet d’un projet de revitalisation ciblée des papillons diurnes. Une bonne raison d’entreprendre cette randonnée d’environ cinq heures, qui passe par le col du Passwang, l’Erzberg et la Hohe Winde en direction de Beinwil. La fondation Wasserfallen souhaite aménager un étang sur la montagne locale des Bâlois, éclaircir la forêt, construire un mur en pierres sèches et promouvoir de ce fait la biodiversité. Une attention particulière est ainsi accordée à l’azuré du thym ou à la zygène de la petite coronille.
La randonnée démarre par une montée en téléphérique de Reigoldswil au Wasserfallen, d’environ 400 mètres d’altitude. Il suffit d’un quart d’heure à peine pour se retrouver en pleine nature, sur un chemin de crête attrayant en calcaire du Jura, avec vue sur les Alpes. Le regard se pose sur une cuvette qui s’étend d’est en ouest: elle est caractéristique de la barrière montagneuse du Wasserfallen.
Juste au-dessus de la paroi, de brefs passages s’ouvrent ici et là, avec une vue à couper le souffle sur le Plateau, jusqu’à l’Eiger, au Mönch et à la Jungfrau. Les personnes qui ont le vertige peuvent néanmoins emprunter un autre chemin. La randonnée, qui fait partie de la Via Surprise, est balisée avec le numéro
32 sur les indicateurs de direction. La Via Surprise est une boucle en sept étapes dans le Jura bâlois et soleurois, une région vallonnée entre Bâle, Liestal, Olten et Soleure.
Une fois le Vogelberg franchi, le chemin mène au col du Passwang avant de passer par l’arête du Sunnenberg. Un passage emprunte une petite route bitumée. Au kiosque en libre-service de la ferme Vorder Erzberg, une pause s’impose. Après la dernière montée jusqu’au sommet de la Hohe Winde, une vue grandiose à 360 degrés s’offre aux randon- neuses et randonneurs. Puis le chemin descend doucement en direction du monastère de Beinwil, où il est également possible de passer la nuit.
N° 2158
Raron
— Ausserberg
• VS
Rarogne, un village, deux églises
Cet itinéraire facile dure un peu moins de deux heures. Mais les amatrices et amateurs de culture auront besoin de beaucoup plus de temps, car il y a beaucoup à voir. Rarogne compte notamment deux églises, l’une creusée dans la roche, l’autre perchée sur un rocher. L’église troglodyte Saint-Michel est le plus grand lieu saint contempo- rain d’Europe situé dans la roche. Elle offre donc aus- si une agréable fraîcheur. En haut se trouvent l’église du château Saint-Romain dotée d’une belle fresque
et la tombe du poète Rilke.
Dans le village, la randonnée passe devant la maison Maxen, qui possède sans doute la plus an- cienne boîte aux lettres de Suisse, installée à la fin du XVIIIe siècle. La maison se caractérise par des ar- cades pratiquement enfouies jusqu’aux chapiteaux des colonnes à la suite de l’inondation du rez-de- chaussée et de la cave au XVIe siècle.
Après ces visites, on grimpe sur une pente raide à travers un champ jusqu’au bisse de Niwa, générale- ment en eau dès le mois d’avril. Un peu de fraîcheur est donc garantie là aussi. On suit l’eau courante, le plus souvent à l’ombre, jusqu’à St. German. Si l’on ne
veut pas s’arrêter au restaurant, on peut pique-ni- quer au Briggilti, une ancienne grange transformée il y a quelques années.
Peu après le village, le chemin monte à nouveau. On suit l’ancien sentier muletier que les paysans empruntaient autrefois pour transporter leur vin de St. German à Ausserberg. En sens inverse, les villa- geois suivaient ce chemin, pavé de pierres naturelles, pour se rendre à la messe à Rarogne. En haut, le large tracé offre une vue panoramique et ensoleillée jusqu’à Ausserberg et ses trois célèbres bisses.
N° 2151
Môtiers NE
— Ste-Croix
• NE
Les fées vertes du val de Travers
Vous avez peur des fées, lutins et autres créatures fantastiques? Passez votre chemin! Ou alors, avant de débuter la randonnée, faites un saut à la Maison de l’Absinthe de Môtiers, histoire de puiser dans ce breuvage si typique de la région l’énergie et le courage d’affronter vos démons. Avec leurs falaises escarpées, leur eau cristalline et leurs tapis de mousse luxuriants, les gorges de la Pouetta Raisse se prêtent particulièrement bien à des rêveries féériques.
L’excursion démarre à Môtiers, en plein val de Travers. A la sortie de la gare, on traverse le village avec ses belles maisons anciennes puis l’on s’enfonce rapidement sous le couvert des arbres. Après avoir longé le ruisseau du Breuil durant une petite heure, marcheuses et marcheurs parviennent aux mystérieuse et enchanteresses gorges de la Pouetta Raisse. Il vaut la peine de prendre son temps en les traversant, et d’ouvrir grand les yeux et les oreilles, si l’on ne veut pas rater les malicieuses créatures magiques qui y ont élu domicile. L’itinéraire se poursuit agréablement dans – puis à la lisière de – la forêt jusqu’aux Cernets Dessus. On attaque alors les 200 derniers mètres de montée sur le Chasseron, sommet bien connu des parapentistes vaudois. Après avoir admiré la vue panoramique, voire pris un café au restaurant, il est l’heure d’attaquer le chemin de crête descendant vers les Petites Roches. Plus bas, après un dernier crochet dans la forêt, on rejoint la vivante Ste-Croix, une commune célèbre dans le monde entier pour ses boîtes et automates à musique. Avant de monter dans le train du retour, n’oubliez pas de vérifier si un gnome s’est glissé à votre insu dans votre sac à dos!