LA RANDONNÉE
Le Magazine de Suisse Rando
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N° 2146
Mittlerschwanden
— Weggis, Seilbahn
• LU
Douceur printanière et belles vues au Rigi
Partir au printemps faire une randonnée un peu plus exigeante, mais très variée, avec une vue imprenable? Cette courte marche sur le versant sud du Rigi est idéale à cet égard. Le soleil est ici garant de douceur tôt dans l’année, ce qui se reflète dans la végétation. On voit plusieurs palmiers au-dessus de Lützelau, à la Chesteneweid. Au Moyen Age, des châtaigniers y ont été plantés pour que les personnes les plus pauvres aient assez à manger. L’arrivée de la pomme de terre et du maïs a fait perdre de son importance à la châtaigne en tant qu’aliment de base bon marché. Aujourd’hui encore, tout le monde peut récolter des fruits dans la châtaigneraie. La réserve naturelle compte 160 arbres et présente une grande diversité végétale et animale. On voit notamment différentes espèces d’orchidées et de papillons diurnes entre les arbres.
La randonnée débute par un trajet de trois minutes dans le train à crémaillère en direction de Rigi Kulm. A pied, cela équivaut à un dénivelé de près de 250 mètres sur le béton. Après avoir quitté le train à Mittlerschwanden, il reste bien assez de montées et de descentes sur le chemin de randonnée de montagne blanc-rouge-blanc. Il faut ensuite descendre deux échelles avant de bifurquer sur le Waldstätterweg à Teufibalm. Voici alors Langwilen, où on marche assez brièvement sur l’asphalte. On atteint bientôt la Wilenalmig par de nombreux escaliers, avec une vue magnifique sur Vitznau, l’Obere Nase, le lac des Quatre-Cantons et, à l’arrière, Niederbauen et le Rophaien. On traverse ensuite une forêt, la Lützelauerwald, entre blocs de nagelfluh, buissons, cuvettes humides et quelques escaliers métalliques jusqu’à la Chesteneweid, avant d’entamer la descente, sans difficulté particulière, jusqu’au téléphérique de Weggis–Rigi Kaltbad.
N° 2147
Gondo, Kirche
— Zwischbergen, Bord
• VS
Un parfum frontalier au Simplon
Contrebandiers, ruée vers l’or et éboulement tragique: voilà ce qui est généralement associé au village frontalier de Gondo. Ces thèmes sont également visibles dès le début de la randonnée, qui démarre devant le poste douanier: la fontaine des contrebandiers (Schmugglerbrunnen) rappelle le transport clandestin des marchandises à la frontière. A côté de la Stockalperturm, un panneau affiche l’heure de la prochaine excursion d’orpaillage. Quant à ce bâtiment historique, aujourd’hui devenu un hôtel avec restaurant, sa nouvelle partie en béton atteste l’éboulement qui a emporté l’ancien mur en automne 2020. La randonnée démarre juste en face et remonte la paisible vallée Zwischbergental sur le Chemin de Stockalper. A l’arrivée, l’auberge de montagne Bord propose un menu succinct mais raffiné.
A droite de la cascade, là où la rivière Grossus Wasser se précipite dans la vallée, un chemin parallèle à la route sinueuse serpente vers les hauteurs. Sous la canopée, le calme s’installe et l’air frais du matin a l’effet d’un deuxième espresso. Soudain, un petit groupe de chevreuils apparaît, savourant son petit-déjeuner dans une prairie luxuriante. Discrètement, le trajet se poursuit dans la gorge; on monte des escaliers et on croise des groupes de canyoning en quête d’adrénaline. Une fois les premières centaines de mètres de dénivelé surmontées, le chemin passe sous le pont à gauche de l’arrêt de car postal «Hof» pour s’enfoncer dans les bois. Un panneau signale que les forêts de hêtres du Zwischbergental sont les seules de leur genre en Haut-Valais. D’abord étroite et boisée, la vallée offre ensuite de belles vues dès que les arbres se font plus clairsemés. La randonnée se poursuit en longeant la rivière jusqu’au lac de retenue de Sera. De là, il ne faut plus que 30 minutes pour atteindre l’agréable terrasse ensoleillée de l’auberge.
N° 2148
Stein am Rhein
• SH
Vers le bourg de Hohenklingen à Stein am Rhein
Le circuit de randonnée jusqu’au bourg de Hohenklingen, près de Stein am Rhein, est parfait pour les enfants. Dans la montée, une grotte de grès met leur courage à l’épreuve. Les adultes doivent toutefois passer leur tour: seuls les enfants peuvent traverser l’étroite cheminée d’aération de la 5 Minuten-Höhle (grotte des 5 minutes). Celle-ci a été créée dans les années 1830 par la brasserie locale et servait d’entrepôt pour la bière et la glace. Les blocs de glace étaient prélevés dans le lac Untersee gelé en hiver, enveloppés de copeaux de bois et de paille, puis acheminés jusqu’à la grotte.
De la gare de Stein am Rhein, le chemin traverse d’abord le Rhin et poursuit en aval autour de la vieille ville vers Fridau, avant de monter légèrement jusqu’à l’indicateur de direction «Sandsteinhöhlen». De là, un chemin creux non balisé en jaune mène à l’entrée de la grotte. Une fois la visite de celle-ci terminée, l’itinéraire se poursuit jusqu’à la cabane forestière Ärgete et au bourg de Hohenklingen. Le tour du vaste bourg donne un aperçu fascinant des conditions de vie au Moyen Âge. Plusieurs parties du bourg sont accessibles au public, notamment la tour, qui peut être visitée librement.
A côté de l’éperon rocheux sur lequel se trouve le bourg, une grande clairière offre plusieurs endroits pour faire une halte. Un étroit chemin forestier suit alors la crête du Schiener Berg jusqu’à la frontière. Dans un arc de quelques centaines de mètres sur le sol allemand, l’itinéraire redescend vers Bleiki et revient en Suisse, puis à la vieille ville de Stein am Rhein.
N° 2149
Gossau SG
— Degersheim
• SG
A travers des gorges sauvages en Suisse orientale
La Glatt et le Wissbach, situés dans la région frontalière des cantons de Saint-Gall et d’Appenzell Rhodes-Extérieures, sont aujourd’hui des cours d’eau idylliques qui se faufilent à travers des gorges pittoresques et permettent d’admirer des paysages variés. Jadis, ils étaient toutefois bien plus que cela, comme en témoignent les châteaux en ruine, les vieux moulins et barrages ainsi que les anciennes usines.
La randonnée débute à la gare de Gossau et traverse cette petite ville située aux portes de Saint-Gall en direction de Flawil. Le chemin quitte rapidement la localité et mène à travers de vastes champs et prairies, avec vue sur les collines appenzelloises et l’Alpstein. A Isenhammer, il rejoint la Glatt et les premiers témoins de la culture industrielle. L’usine de l’entreprise textile internationale Cilander, toujours en activité, est un vestige de l’industrie textile autrefois florissante dans la région.
Un peu plus en amont, les ruines du bourg Helfenberg surplombent la rivière et, près du confluent de la Glatt et du Wissbach, se trouve le village pittoresque de Schwänberg, où les barons du textile habitaient jadis. Ici, la région se montre sous son plus beau jour, avec des vergers en fleurs, des prairies ornées de pissenlits et de jolies maisons à colombages rénovées.
Depuis Schwänberg, le chemin descend dans les gorges du Wissbach, franchit de nombreux escaliers et passerelles et passe devant plusieurs petits lacs de barrage jusqu’à Talmühle, où se trouve une belle aire de grillades au bord de l’eau. Bien que le Wissbach soit encore utilisé pour produire de l’électricité, les gorges sont un paradis naturel et désormais protégées. Enfin, le chemin passe à nouveau par une douce colline et des prairies fleuries pour arriver au village de Degersheim, ou Tegersche, comme l’appellent les gens du coin. D’ici, le RER circule jusqu’à Saint-Gall.
N° 2150
Les Pommerats, village
— Goumois, douane
• JU
Le secret du Doubs à Goumois
En traversant la frontière franco-suisse sur le pont de Goumois, on ne se doute pas qu’une merveille de la nature se cache tout près. En effet, à une heure de marche se trouve le Bief de Vautenaivre, qui jaillit d’une énorme plaque rocheuse semi-circulaire. Cette cascade se jette dans un impressionnant cirque rocheux, environ 7 mètres plus bas. Il faut néanmoins bien planifier sa visite, car le ruisseau ne contient assez d’eau pour assurer le spectacle qu’après les périodes de pluie. Il s’assèche rapidement car l’eau s’infiltre très vite dans le sous-sol calcaire.
La courte randonnée débute aux Pommerats, mène à la sortie ouest du village et, vers Le Cerneux, à travers bois, puis descend abruptement. Une fois au bord du Doubs, il est possible de faire halte à l’auberge La Verte-Herbe, qui propose des plats de poisson. Un sentier longe le Doubs en aval avant de bifurquer à droite près d’une aire de pique-nique et de quitter le chemin de randonnée officiel. Il traverse une forêt où la mousse est omniprésente: sur le sol, les arbustes, les rochers. Au point 539, la vallée se divise: à droite, le chemin mène à la cascade, accessible en toute sécurité grâce à des passerelles et un escalier métallique.
Le chemin du retour est le même. Depuis l’auberge, il faut encore marcher environ 1 kilomètre jusqu’à Goumois, où les randonneuses et randonneurs peuvent se restaurer et prendre le bus menant à Saignelégier. En parcourant les derniers mètres, il vaut la peine de se retourner. On peut alors apercevoir, en hauteur, un chef-d’œuvre de la nature sur une paroi rocheuse: le vent et les intempéries ont érodé la marne et le calcaire, formant ainsi le visage d’un singe.
N° 2145
Villeneuve VD
— Veytaux, château de Chillon
• VD
Le château de Chillon par les hauts
Depuis 2013, Pascal Bourquin explore rigoureusement le réseau pédestre helvétique. L’objectif de l’instigateur du projet «La vie en jaune» est aussi simple qu’ambitieux: parcourir tous les chemins de randonnée du pays, qu’ils soient balisés en jaune, en blanc-rouge-blanc ou en blanc-bleu-blanc. L’itinéraire reliant Villeneuve au célèbre château de Chillon en passant par les hauteurs, à savoir En Sonchaux, constitue selon l’observateur un exemple assez représentatif de la diversité du réseau suisse, puisqu’il allie revêtements durs et mous, sentiers et routes, perles naturelles et curiosités citadines.
La randonnée débute à la gare de Villeneuve, d’où l’on commence immédiatement à monter. Passées les dernières traces d’urbanité, un chemin raide slalome dans la forêt à l’assaut d’En Sonchaux et de sa vue imprenable sur le lac Léman. Les 150 derniers mètres de dénivelé s’effectuent malheureusement sur une route asphaltée mais l’effort en vaut la peine: déguster une part de tarte sur la belle terrasse de l’auberge de Sonchaux est un vrai régal pour les yeux et l’estomac. Une fois passé le tronçon en dur en sens inverse, on emprunte à la descente un second sentier forestier, qui mène au village de Veytaux. Le château de Chillon, une des principales attractions touristiques du pays et but de cette randonnée, est situé juste en dessous. Après l’avoir visité, les marcheuses et marcheurs prennent le bus à l’arrêt «Veytaux, château de Chillon». Qui souhaite prolonger l’itinéraire peut longer le lac en direction de Villeneuve ou de Montreux.
N° 2143
Sta. Maria Val Müstair, cumün
— Müstair, Clostra Son Jon
• GR
Fleurs et panorama au-dessus du Val Müstair
Dans les hautes vallées grisonnes, il faut parfois attendre longtemps avant que les chemins pédestres ne soient plus enneigés et que les fleurs poussent. Mais une fois qu’elles sont là, elles éblouissent par leur beauté. Vers fin mai ou début juin, les prairies se transforment en palettes de couleurs et il peut être difficile de quitter le sol des yeux pour regarder au loin. Le printemps est particulièrement grisant dans le Val Müstair, la pointe la plus orientale de la Suisse. Sans oublier que la région est depuis 2010 une réserve de biosphère de l’Unesco.
C’est à Sta. Maria, le véritable centre de la vallée, que débute une randonnée qui permet de profiter des fleurs et de vues panoramiques. Depuis l’arrêt du car postal, sur la route principale incroyablement étroite, il faut revenir quelques mètres en arrière puis descendre sur la rive du Rom. Le chemin remonte le cours d’eau sauvage à travers des zones alluviales et sur des bancs de gravier avant de bifurquer à droite vers Craistas et Lü. La montée raide vers les hameaux de Valpaschun et Craistas passe heureusement par de magnifiques prairies fleuries.
La randonnée se poursuit presque à plat le long du versant sud vers Terza sur une route goudronnée, puis une route forestière. De l’autre côté de la vallée s’alignent les sommets marquant la frontière avec le Val Venosta du Haut-Adige: Piz Minschuns, Piz Costainas, Piz Cotschen. Le restaurant de montagne Terza, avec sa belle terrasse panoramique, est idéal pour une pause. Vient ensuite une descente en lacets et à travers des pâturages à moutons jusqu’au village de Müstair, où le couvent bénédictin Son Jon, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, vaut le détour. Le vieux centre du village tout en longueur compte de très belles maisons richement décorées de sgraffites.
N° 2104
Mogno, Colonia Pazzalino
• TI
Le sauvage Val Lavizzara
Le caractère sauvage de l’endroit se fait déjà ressentir lorsque le car postal grimpe le long de l’étroite route en lacets. Plus tard, les randonneuses et randonneurs en raquettes découvriront le Ri di Vacarisc, dont le gargouillis s’entend même sous une épaisse couche de neige. L’itinéraire de difficulté moyenne suit d’anciens chemins alpestres d’un côté du fossé puis de l’autre. En prenant de l’altitude, la vue se dégage sur le bout austère du Val Lavizzara. En hiver, l’alpe Vacarisc di Fuori, but de la randonnée, semble abandonnée. En été, le fromage typique de la vallée de la Maggia y est fabriqué. Le mélange de 70% de lait de vache et de 30% de lait de chèvre confère au Formaggio Vallemaggia son goût sans pareil.
La randonnée débute à l’arrêt de car postal «Mogno, Colonia Pazzalino». On suit les piquets roses vers l’est, à travers la petite station de ski. Au niveau de l’imposante digue paravalanche, il faut prendre la direction du village. L’église de Mario Botta est visible de loin. Après l’église, le chemin tourne à droite. Une fois les maisons de Mogno dépassées, l’itinéraire suit un chemin d’exploitation, qui grimpe parfois à travers la forêt, parfois à travers des espaces dégagés en direction du nord. Il passe par Vacarisc di Dentro pour atteindre les rustici de Vacarisc di Fuori. Les chalets d’alpage se trouvent plus haut, sur l’itinéraire menant au Lago di Mognòla, très apprécié en été. Le chemin du retour est le même qu’à l’aller. Au niveau de Pir di Sopra, le long du Ri di Vacarisc, il est possible d’emprunter l’itinéraire supérieur en direction de Mogno. Pour acheter l’incomparable Formaggio Vallemaggia en hiver, il faut faire une halte à Prato-Sornico, plus bas. C’est un village digne d’intérêt, avec probablement l’épicerie la plus traditionnelle du Tessin.
N° 0475
Bellinzona
• TI
Les châteaux de Bellinzone
Inscrits au patrimoine mondial de l’humanité, les châteaux de Bellinzone témoignent de l’importance de l’architecture militaire au Moyen Âge. Ils sont reliés par d’étroites ruelles et des sentiers sinueux, et leur visite offre une excursion passionnante aux enfants de tout âge. Le plus vieux, Castelgrande ou Castello Grande, trône au centre de la place forte, perché sur un éperon rocheux. Des deux tours, seul le donjon, la Torre Bianca (27 m de haut), se visite. Et quelle vue imprenable! À l’ouest du château, une double muraille s’étend jusqu’à la ville. Pourquoi ne pas s’engouffrer dans le couloir voûté puis remonter sur le chemin de ronde par l’escalier? En contrebas, la vieille ville de Bellinzone est confinée dans le petit espace entre les collines fortifiées. Une bonne glace redonnera des forces au visiteur pour grimper jusqu’au Castello di Montebello. Voilà un terrain de jeu paradisiaque: avec ses tours, ses murs d’enceinte crénelés, ses chemins de ronde et son pont‑levis, Montebello demeure un véritable château fort. Le périple se poursuit avec une ascension menant au Castello di Sasso Corbaro, à 230 mètres au‑dessus de la ville. Construit en 1479, ce château s’érige au milieu d’une forêt, sur un rocher isolé, une situation privilégiée d’où la vue s’étend jusqu’au lac Majeur. L’expédition nous replonge à une époque où les chevaliers en armure s’affrontaient en duel ou en joutes, munis de lances. Avec un peu d’imagination, on se prendrait presque pour Ivanhoé, Robin des Bois ou l’un des Trois Mousquetaires.