Pour arriver à destination, il faut connaître le chemin. Ou utiliser son téléphone portable. Malgré une excellente couverture de réseau mobile, il reste toutefois beaucoup d’endroits en Suisse où un appareil GPS s’avère encore utile.
Le GPS hier et aujourd’hui
En 1999, Garmin lançait son premier appareil GPS portatif pour la randonnée. Aujourd’hui encore, la marque domine cette catégorie de produits. Depuis, les appareils portatifs ne sont pas devenus beaucoup plus légers et compacts, mais ils sont nettement plus conviviaux grâce à leur écran couleur et tactile, leur interface cartographique et leur autonomie de plusieurs semaines.
L’année 2017 a marqué un tournant: pour la première fois, la technologie Inreach de Garmin a non seulement permis aux randonneuses et randonneurs amateurs de naviguer, mais aussi de communiquer via le réseau satellite en l’absence de réseau de téléphonie mobile. Une option qui peut sauver des vies en cas d’urgence. Jusqu’en 2022, Garmin a enregistré plus de 10 000 appels d’urgence via Inreach, la plupart d’entre eux émanant de personnes en randonnée. L’utilité de cette technologie pour une sortie moyenne dépend surtout du niveau de fréquentation de régions où le réseau mobile est sporadique.
Les appareils GPS sont utiles dans les endroits reculés, y compris en Suisse.
Le produit phare actuel de Garmin est le GPSMAP H1i Plus, sorti en septembre 2025. Ce GPS portatif classique doté d’antennes puissantes, de touches physiques, d’une grande autonomie de batterie et d’une robustesse répondant aux normes militaires a son utilité là où les smartphones – et leur utilisation – atteignent leurs limites, par exemple lors de grandes traversées à ski, de trekking ou d’expéditions. L’utilisation du module Inreach intégré, qui permet la communication par satellite, requiert toutefois un abonnement payant.
Le boom des montres multifonctions
Autrefois très grande, la diversité des appareils GPS portatifs est aujourd’hui réduite. Il y a deux raisons à cela: tous les smartphones du commerce ont aujourd’hui un GPS. Associés à une bonne application de navigation, ils rendent les GPS portatifs obsolètes pour la plupart des randonnées en Suisse. Aujourd’hui, les bons smartphones comme l’iPhone 17, le Google Pixel 9 ou le Galaxy S25 de Samsung sont également équipés de la communication par satellite, de sorte que la technologie d’Inreach devient redondante.
Les personnes qui partent en randonnée ne veulent généralement pas se perdre, mais plutôt explorer par elles-mêmes. Auto-optimisation et vie consciente sont les maîtres mots de l’époque. Les montres connectées en sont la clé. Outre leur popularité pour la randonnée, elles sont aussi appréciées des gens qui comptent leurs pas, des aspirantes à un semi-marathon ou des fans de yoga. La forte demande dans le segment de la santé a accéléré le développement de ces smartwatches, dynamisé la concurrence et élargi l’offre, ce dont profitent aussi les randonneuses et randonneurs.
Progrès techniques
Quiconque portait une montre multifonction il y a une dizaine d’années ne manquera pas de s’étonner de leur rapide évolution: aujourd’hui, le signal GPS est disponible à la vitesse de l’éclair. Les interfaces utilisateurs ont une fluidité semblable à celles d’un smartphone: des cartes parfaitement nettes et bien lisibles au poignet, même en plein soleil. L’autonomie de leur batterie est impressionnante, y compris lorsque la fréquence cardiaque est mesurée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Et si les félicitations futiles de la montre connectée pour «votre plus longue randonnée à ce jour» faisaient autrefois sourire, un coach IA élabore aujourd’hui l’entraînement adapté après la première activité.
Des contrôles au poignet
Mais quel est l’intérêt, pour les randonneuses et randonneurs, que ces montres proposent des centaines d’activités, de la natation au bowling, en passant par l’ergomètre? Voici un principe général: plus l’aspect sportif de la randonnée est important, plus une montre connectée est intéressante.
Même en randonnant pour le plaisir, il est appréciable de pouvoir laisser son téléphone portable dans le sac grâce au système de navigation au poignet. Et pour rassurer celles et ceux qui sont restés à la maison, les fonctions LiveTrack permettent de suivre la progression en direct.
Mesures en arrière-plan
Les progrès réalisés sur la précision des mesures sont indéniables. Le jour où de telles montres poseront des diagnostics en tant qu’appareils médicaux certifiés n’est plus très loin. Une mesure optique fiable de la fréquence cardiaque prévient le surmenage, en randonnée aussi. Et la mesure de la saturation en oxygène, disponible sur les modèles haut de gamme, est un indicateur important d’une acclimatation réussie pour un itinéraire de haute montagne.
Les montres modernes traitent toutes ces données en arrière-plan et créent des diagrammes à barres qui renseignent sur la forme personnelle du jour et la qualité du sommeil. La valeur centrale est ici la VFC, c’est-à-dire la variabilité de la fréquence cardiaque entre les phases actives et celles de repos.
Conseils de l’IA
Les données collectées demandent à être exploitées: même en y regardant de plus près, les statistiques sur les niveaux de condition physique, les valeurs seuils, les degrés de fatigue, les zones de charge d’entraînement, les niveaux de stress et les taux métaboliques à la fin d’une randonnée suivie sont difficiles à cerner.
Le cyclisme de masse montre le cap: les applications visant à remplacer les analyses de laboratoire (mesure du lactate comprise) et la planification de l’entraînement y sont largement répandues. L’entreprise Garmin a elle aussi déjà ajouté un espace premium payant à son application Connect™, qui propose des «informations et des remarques personnalisées basées sur l’IA, à partir des données de santé et d’entraînement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7».
Important: la connexion des appareils
Malgré tous ces progrès, il reste des souhaits à satisfaire: par exemple, une montre très plate qui convienne aux poignets serrés de la veste. Un jack USB-C sur la montre, au lieu d’un câble de chargement propre au fabricant. La possibilité d’intégrer des cartes officielles aux montres, comme celles de swisstopo. Et des progrès dans la mise en réseau avec des appareils et des capteurs de fournisseurs tiers.
Les litiges actuels entre Strava et Garmin montrent que le combat est acharné. Un conseil: avant tout nouvel achat, il est judicieux d’examiner soigneusement les montres, mais aussi les applications des fabricants. Car sans elles, la planification et l’évaluation des itinéraires sont limitées et les différences sont considérables.
L’équilibre entre l’humain et la technique
Qu’il s’agisse d’un appareil GPS portatif, d’un smartphone ou d’une montre connectée: l’être humain n’a jamais été aussi transparent. Pourquoi ne pas en bénéficier? Bien entendu, les applications de navigation demandent aussi un certain sens de l’orientation, mais la géolocalisation par GPS est à elle seule un atout imparable en montagne. Et la communication par satellite peut être vitale en cas d’urgence sur une randonnée difficile.
Côté technique, un aspect demeure essentiel: la technique doit être à notre service, et non l’inverse. D’après la théorie de l’amputation du philosophe canadien Marshall McLuhan, selon laquelle l’être humain perd une aptitude à chaque nouvelle option technique, il est fortement conseillé de ne pas se mettre à la merci de la technique, surtout en randonnée. Les GPS, les applications et les montres n’aident, n’éclairent et ne soulagent réellement que si la personne a) peut les utiliser sans avoir à consulter le mode d’emploi; b) a adapté l’étendue des fonctions à ses préférences personnelles; c) parvient sans problème à les connecter à un smartphone ou un PC et d) est prête à se pencher sur la protection des données, la gestion des cartes et les mises à jour logicielles. Tout cela prend du temps et demande aussi parfois d’avoir les nerfs solides. Pour les gens qui le prennent, la technique peut alors être enrichissante et aider à déconnecter.
Applications et gadgets: huit conseils
1. Cartes: bons plans au-delà des frontières
Comme les excellentes cartes swisstopo sont quasi librement à la disposition des développeurs, cette base est également accessible dans l’outil de planification de Suisse Rando. Ainsi, des services tels que komoot, Outdooractive ou Strava sont en réalité inutiles, du moins en Suisse.
Trois bons plans pour les personnes souhaitant randonner ailleurs: Günther Schmudlach, le créateur de l’outil pour les avalanches Skitourenguru, a connecté les cartes officielles et du domaine public de la Suisse, de l’Autriche et de la Bavière pour les mettre à disposition dans un ensemble de cartes, avec des instructions sur la manière d’utiliser les données dans une application de cartographie (p. ex. OsMand). La France et l’Italie devraient venir s’y ajouter. Parmi les innombrables fournisseurs de cartes topographiques gratuites, la société tchèque Mapy fait partie des meilleures: la star suisse du Hike & Fly Chrigel Maurer se sert par exemple volontiers de cette carte internationale détaillée pour ses circuits transfrontaliers.
Et MapOut propose sans doute la plus belle carte basée sur OSM, qui n’est malheureusement accessible qu’avec Apple.
App: skitourenguru2. Application Rega et météo: la sécurité avant tout
Le mieux pour appeler à l’aide en cas d’urgence est d’utiliser une application de sauvetage. En effet, celle-ci transmet les coordonnées actuelles à la centrale d’intervention, avec d’autres informations telles que l’état de la batterie. Un appel est ensuite lancé, à condition d’avoir un minimum de réseau mobile. En Suisse, tous les randonneuses et randonneurs devraient installer l’application Rega sur leur smartphone. Pour les randonnées dans le Tyrol, le Tyrol du Sud ou la Bavière, il est recommandé d’utiliser l’application SOS EU Alp, au fonctionnement similaire.
La météo est toujours un facteur de sécurité. La Suisse dispose de trois bons services avec les applications MeteoSwiss, SRF Meteo et Landi Wetter. A l’étranger, l’application YR du service météorologique norvégien est une bonne alternative pour des conditions météorologiques plus larges et une couverture mondiale.
3. Applications d’identification: pour tout savoir
Comment s’appelle ce sommet? Qu’est-ce que cette jolie plante? Et quel est le nom de cette chanson qui m’est restée en tête durant toute la randonnée? Les petits malins et ceux qui pensent l’être n’ont plus aucune chance de briller en répondant à ces questions. Avec l’IA, les lexiques, archives et autres atlas sont superflus. Pour identifier les plantes en chemin, il suffit d’utiliser Flora Incognita. Pour distinguer les chants d’oiseaux, l’application BirdNET de Stefan Kahl est le premier choix. Le classique PeakFinder repère les sommets du panorama et SoundHound reconnaît les extraits de chanson (même chantées ou sifflotées). Toutes ces applications sont disponibles gratuitement pour Android et iOS.
4. Heat It: soulager les piqûres de moustiques
Depuis un certain temps déjà, les pharmacies vendent des sticks qui soulagent les démangeaisons dues aux piqûres par traitement thermique. Heat It suit le même principe avec son plug-in ultracompact pour smartphone, qui est toujours à portée de main. Une brève émission de chaleur (env. 51 degrés pendant 5 à 7 secondes) interrompt la transmission des stimuli et élimine ainsi l’envie de gratter. Notre observation: l’application attrayante et facile à utiliser y contribue aussi sur le plan psychologique, surtout pour les enfants.
heatit.chConduction osseuse: se divertir sans s’isoler
Les écouteurs à conduction osseuse ne se placent pas sur ou dans l’oreille comme les casques ou les écouteurs classiques, mais devant l’oreille, au niveau des tempes. Le conduit auditif reste donc dégagé. Les signaux sonores sont transformés en vibrations et transmis à l’oreille interne via les os, où ils sont à nouveau traduits en sons. Ils sont hygiéniques, n’exercent aucune pression dans l’oreille et évitent tout reproche de s’isoler de la nature en mettant des écouteurs. Ils permettent d’entendre le clapotis des ruisseaux, le crissement des chaussures dans la neige et les conversations. En outre, leur réglage peut être si discret (p. ex. Suunto Wing 2, Shokz OpenRun Pro 2) que le voisin de lit ne remarque presque rien. L’autonomie de la batterie est de huit à douze heures.
6. Batteries externes: sans électricité, rien ne va
Caméra, appareil de navigation, boîte d’herborisation, voire moyen de paiement: le smartphone est depuis longtemps le centre de contrôle en randonnée. Pour les excursions de plusieurs jours, une batterie de stockage devient indispensable. Il en va de même pour les randonnées avec nuitée en cabane, car la recharge n’y est pas toujours possible ou bienvenue. Les batteries externes ont des cycles de développement courts, un rapport poids/performance désormais parfaitement adapté aux sacs à dos et des prix bas grâce à la production de masse. Nitecore, Anker ou Iniu fournissent par exemple une qualité fiable. Pour les voyages en avion: actuellement, un maximum de deux batteries externes de 100 wattheures chacune (soit environ 27 000 mAh) est généralement autorisé par passager, dans le bagage à main.
7. Chargeur rapide: rendement maximal
Les randonneuses et randonneurs chevronnés le savent: troquer la fine semelle intérieure standard contre une alternative haut de gamme permet de tirer le meilleur de sa chaussure de randonnée. Il en va de même pour les chargeurs. Les prises de charge habituelles fournies – si c’est encore le cas – ne valent pas un chargeur rapide d’une puissance de 65, voire 100 watts avec plusieurs sorties USB-C. Pour environ 30 francs, certains appareils permettent de charger simultanément smartphone, montre connectée et ordinateur portable en quelques heures. Egalement disponible en combinaison avec des prises de voyage pour les grands voyageurs.
8. Cartes SIM virtuelles: prendre des forfaits de données à l’avance
L’époque où il fallait se rendre chez un opérateur de téléphonie mobile pour acheter une carte SIM dès son arrivée à destination est révolue. Chez les fournisseurs eSIM comme Holafly, Saily ou Airalo, il est possible d’acheter à l’avance des forfaits de données pour n’importe quel pays, pour un nombre de jours précis, et de les utiliser directement sur le smartphone avec une carte SIM virtuelle. En général, les offres ne contiennent toutefois que des forfaits de données. Il est donc préférable d’utiliser des applications comme FaceTime ou WhatsApp pour téléphoner. Presque tous les smartphones de moins de sept ans sont compatibles eSIM.